combat-endometriose

Les raisons de mon absence: l’Endométriose et ses combats

Début Septembre 2017, j’apprends la nouvelle. Après avoir pris un long temps « nécessaire » à la digestion de l’information, que l’on venait, une fois de plus de me flanquer violemment au visage, j’ai sombré. Oui, disons le. Comment réagiriez-vous, si l’on vous annonçait sans détours que vous alliez devoir subir une hystérectomie, sans autre issue possible?

C’est violent bordel! Oh que oui!  Pourtant, au début je me suis retranchée, dans cette « capsule de protection » que je me suis forgée au fur et à mesure des années. Quand je te parle de « capsule » c’est celle que je mets pour protéger mes proches, et non moi même. Mon compagnon, ma famille, mes ami(e)s, les copains, la blogo, et puis vous! Tout en protégeant l’environnement auquel je tiens le plus au monde, j’ai continué de mener ma vie. J’ai enchaîné les events, les virées, les articles blog, les post IG, les réunions pro (dont je vais vite vous reparler ), la route, les kilomètres, la famille, les amis. J’avais besoin de me vider la tête. Sans en parler « vraiment ». Je me suis dit, que j’allais réussir à faire face, à « prendre sur moi ».

Et puis, début novembre , j’ai bel et bien senti que je perdais pied. Vous avez d’ailleurs tous, chacun à votre façon, pu le sentir, le déceler. Jusqu’aux réseaux où nombreux d’entre vous m’ont demandé comment j’allais. Il m’était bien difficile de vous répondre, et j’ai souvent noyé le poisson.

En décembre, le 1er Rendez-Vous chez le Chirurgien a eu lieu..et le parcours médical était confirmé

ENDOMÉTRIOSE
La cause de mes maux

Cet article je voulais vous le faire, à mon rythme, quand je m’en serais sentie prête..Trop tôt et dans l’émotion, je n’aurais pas correctement exprimé mes sentiments. Les angoisses ayant repris le dessus, j’ai du attendre d’être apaisée, un peu.

Mais il faut aussi savoir s’apaiser soi même. Et c’est en partageant avec vous, encore une fois, par écrit, que je pense pouvoir ressentir une « sorte de délivrance ». Je considère le Blog au delà bien au delà d’un lieu simple où l’on parle uniquement de beauté et de lifestyle.

Mes mots et mes maux ne seront pas égo-centrés. Car je ne suis pas la seule touchée, par cette maladie encore mal décelée. J’ai pu échanger avec plusieurs d’entre vous qui se reconnaîtront. Puis j’ai découvert via les réseaux qu’il existait une communauté solidaire de femmes touchées par cette saloperie de maladie: la team des #EndoGirls ! Et mon dieu que cela fait du bien de pouvoir échanger avec des personnes qui vous comprennent parfaitement.

Mais qu’est ce que l’endométriose?

C’est une maladie chronique qui touche 1 FEMME / 10 en âge de procréer. Pour une définition précise, je vous renvoie au site officiel de l’Association ENDOFRANCE

« L’endomètre est le tissu qui tapisse l’utérus. Sous l’effet des hormones (oestrogènes), au cours du cycle, l’endomètre s’épaissit en vue d’une potentielle grossesse, et s’il n’y a pas fécondation, il se désagrège et saigne. Ce sont les règles. Chez la femme qui a de l’endométriose des cellules vont remonter et migrer via les trompes. Le tissu semblable au tissu endométrial qui se développe hors de l’utérus  provoque alors des lésions, des adhérences et des kystes ovariens, (endométriomes) dans les organes colonisés. Cette colonisation, si elle a principalement lieu sur les organes génitaux et le péritoine peut fréquemment s’étendre aux appareils urinaire, digestif, et plus rarement pulmonaire. »

Vous avez déjà surement vu les campagnes de sensibilisation menées par l’Asso et surtout les actions de notre Marraine Laetitia Milot

L’endométriose touche au plus intime de la femme: son utérus, sa capacité à être mère, sa féminité, son estime de soi et tant d’autres sujets et émotions.  Les douleurs chroniques associées, parfois terrassantes, rendent le quotidien difficile à gérer.

Triste Constat

On l’a dit mal décelée. Mais n’avons nous pas toujours entendu, ou vu une jeune fille devenir jeune femme, et enchaîner les moments de douleurs mensuels? Votre femme ? Votre Fille ? Votre Cousine ? Votre Copine ? Ou simplement quelqu’un qui connait quelqu’un qui connait quelqu’un ? 3 à 7 jours où toi même tu te retrouves avec des douleurs dans le bas ventre, et pas que …mais on l’on trouve normal que tu souffres. C’est le départ de la problématique à mon sens. 

Il est comme « inscrit dans une sorte de memorandum de l’histoire de l’humanité » que la femme souffre pendant ces menstruations. C’est un fait!

Et bien je ne suis pas d’accord du tout! Avoir mal, soit, on doit malheureusement s’en faire une raison. Et encore, avec l’aide d’anti-inflammatoires ou anti-douleurs. Mais SOUFFRIR?? Lorsque votre degré de douleur avoisine les 6/7/8/9 sur l’échelle allant jusque 10! Tous les mois? Sur toutes ces années?!!

Surtout lorsque l’on sait que plus tard l’Endométriose est diagnostiquée, plus elle aura eu le temps de progresser (principe même des maladies chroniques) et donc de faire de potentiels ravages.  Et encore une fois, cette maladie est comment dire, inégale! Légère chez certaine, sous contrôle, elle peut être aussi très invasive chez d’autres. Ce qui est mon cas, vu l’acte chirurgical qui m’attend d’ici quelques semaines.

LE COMBAT

Est la solution unique que j’ai trouvé. Non sans mal peut être. Car si vous êtes diagnostiquée atteinte d’endométriose, (cela fait 6 ans que j’étais diagnostiqué, sous traitement et contrôlée!) ou l’une de vos proches, vous savez aussi, comme dans toutes pathologies lourdes, que le combat peut être long. Mais la vie est difficile! Faite d’embuches, de moments que l’on pense insurmontables. Heureusement ce qui nous tient c’est l’amour, et surtout l’amour de soi. PENSEZ A VOUS! 

L’aide psychologique

Même ceux qui se disent les plus forts, vous mentent. Personne ne peux s’endormir sans inquiétude lorsque sa santé est atteinte. Je me suis crue forte, pour mener la barque toute seule comme une grande, sans impact sur ma vie. Mais c’est impossible. Et ce n’est pas inhumain de le ressentir. Dans cette société où l’on attend encore et toujours plus d’autrui. Nous ne sommes pas des machines! Prendre sur soi ne marche qu’un temps. 

N’hésitez pas une seule seconde à demander de l’aide, du soutien, à des professionnels.

Car avec tout l’amour que votre famille ou vos proches vous portent ils ne peuvent pas tout comprendre, tout entendre. L’importance de l’espace de liberté de parole est essentielle. Que vous préféreriez voir un psychologue, ou un psychiatre. Ou que vous souhaitiez utiliser d’autres méthodes alternatives, comme la sophrologie, le yoga, la méditation, etc...la priorité va être de vous faire du bien! Pouvoir parler, pleurer aussi sans jugement fait partie de votre thérapie de reconstruction.

L’encadrement médical

Je sais que faire la démarche d’une réelle prise en charge médicale en effraie plus d’une. (Je me permets de dire ça face aux nombreux témoignages reçus)

Malheureusement, je ne saurais vous dire à quel point il est important de consulter rapidement. Votre généraliste bien sûr ou votre Gyneco de ville si vous en possédez un. Déjà pour vérifier que tout fonctionne bien! (Je souris encore mais je sais que certaines sont aussi laxistes avec leurs rdv médicaux – « jte jette pas la pierre pierre » je suis pareil des fois).

Mais, (oui, encore un mais) si vous ressentez des douleurs « trop fortes », diffusent sur d’autres régions du corps, voir si vous êtes victime d’hémorragie..consultez svp!

LE PARTAGE

Parlez en autour de vous. Acceptez d’avancer, ne restez pas seule. Il existe aujourd’hui avec les méthodes modernes (j’vous apprends rien hihi) des moyens de rentrer en contact avec des groupes de soutien. L’association EndoFrance organise d’ailleurs de nombreuses rencontres partout en France pour échanger. Elle propose aussi des ateliers de détente comme le Yoga.

J’ai rencontré un sentiment de honte.
Oui, cela peut vous paraître étrange. Additionné à toutes ces émotions, j’ai eu honte de parler de ma pathologie.
Et bien oui, quoi ? Ne faisons pas semblant ! La société est ainsi faite, que la 1ère grand mère croisée à la boulangerie ou à la caisse du Monop’ vous demandera si vous avez des enfants ? Je souris de ces nombreuses scènes sorties de la vie réelle.

Alors plutôt que d’éluder la question, répondez, sans honte, sans appréhension et surtout unissons nous pour SENSIBILISER ET INFORMER !

Si j’avais un souhait, ce serait d’imaginer qu’en un clic, on puisse partager cet article, la vie d’une femme, de centaines, non que dis je de milliers de femmes qui souhaiteraient que la recherche avance. Car même si il est trop tard pour moi, pour elles, d’autres petites princesses pourront avoir des nuits apaisées et surtout connaître la joie de la maternité et de la transmission du nom.

Merci à vous mes proches, ma communauté de louves et louveteaux, j’espère, non je sais, que je pourrai compter sur vous et votre éternelle bienveillance.

Regardons ensemble vers l’avenir…

So Much Love 

Céline

ENDOFRANCE SITE OFFICIEL

combat-endometriose

Publicités